Christian Blanc, l'inclassable

Curieux «troisième homme» ! Christian Blanc n'est
pas candidat à l'élection présidentielle de 2002,
pourtant il s'est mis en campagne, répétant devant des
assemblées d'étudiants ou de chefs d'entreprise sous
le charme qu'il fallait réformer la France, l'État, la
fonction publique, l'éducation nationale, les rythmes
de la vie. Mégalomanie ? La vie de Christian Blanc
démontre qu'il a une capacité peu commune à réussir
des missions impossibles : préfet, il a contribué à faire
la paix en Nouvelle-Calédonie ; PDG, il a remis
d'aplomb une RATP qui s'enfonçait dans la grève et
sauvé Air France du dépôt de bilan.
Cet homme de gauche s'est opposé à François
Mitterrand ; il a tenu tête à deux Premiers ministres,
Pierre Bérégovoy et Lionel Jospin, et à un président
de la République, Jacques Chirac. Ce cabochard a
refusé d'être ministre, chef des services secrets ou
président de France Télévision, parce que ces fonctions
ne lui permettaient pas de réformer. «Il a le culot
nécessaire pour bousculer les règles», comme le dit
son ami Michel Rocard. Le voici qui tente le pari
saugrenu de faire de la politique sans être politicien.
Et pourquoi pas ?