Du féminisme dans la poésie ivoirienne

Ecrire, pour la femme africaine, est avant tout un acte de refus. Un refus
de la tradition qui dicte à la femme son registre de vie. L'Histoire reconnaît
pourtant que dans la tradition africaine, les femmes ont développé une
civilisation qui leur était propre et qui attestait de leur génie et de leur
aptitude à bâtir.
Le rôle de la colonisation dans la masculinisation de la vie publique en
Afrique est avéré. La majorité des écrivaines africaines s'attaquent à ce
qu'on pourrait appeler, à juste titre, le destin de servitude de la femme.
Dès leur prise d'écriture, ces femmes ouvrent le feu principalement sur
l'injustice des traditions, en revendiquant d'abord leur liberté, puis leur
droit à la parole dans la mise en place d'une meilleure société africaine.
Dans la même veine, au milieu des années 80, les premiers poètes ivoiriens
d'inspiration féministe lancent un appel à la prise de conscience que l'Afrique
libre risque la désillusion si ses filles continuent d'être en marge des
cercles de décision.
Aujourd'hui, l'espoir que suscite l'émergence des femmes dirigeantes sur
le continent est le bourgeon de la graine audacieuse que semèrent Tadjo,
Dali et Boni.