Georges Bataille, l'érotisme et l'écriture : applications pratiques à l'étude de textes littéraires

C'est en général à demi-mot qu'est assignée à l'érotisme une place
restreinte de laquelle il ne saurait facilement déroger. Pourtant il
peut arriver qu'après avoir été longemps contraint à une existence
interlope, l'objet du rejet devienne soudain objet de mode littéraire,
le plus important étant de tout recycler, ou de «tout parodier»,
comme disait Georges Bataille : l'obscénité en pornographie, la pornographie
en érotisme et l'érotisme en toutes sortes de bons sentiments.
On assiste aujourd'hui à une véritable déferlante de romans,
récits ou anthologies diverses se définissant comme érotiques ou en
tout cas vendus sous ce label. Mais qu'en est-il exactement et surtout
: qu'est-il advenu de l'érotisme ?
Bataille continue de fasciner, mais lorsqu'il dérange, c'est de façon
abrupte, presque rédhibitoire. Lui-même n'en était pas dupe. Peut-être
est-ce pour cela qu'il est l'un des auteurs les plus pillés, mais aussi
déformés de la littérature française. A partir d'une confrontation très
précise et approfondie à certains de ses textes fondateurs, Histoire de
l'oeil, Madame Edwarda, Le Petit , ce livre montre que l'exigence de
pureté et l'extrême lucidité de l'auteur de La Littérature et le Mal
peuvent être mises en pratique afin de jauger l'érotisme de certains
des auteurs anglo-saxons les plus intéressés à ces questions : Edith
Wharton, Henry Miller, D.H. Lawrence ou encore Philip Roth.