Le bouddhisme. Essai sur le védisme et le brahmanisme

Ce livre a été écrit parce que «les religions seulement sont intéressantes,
en ce monde et que son auteur, à la fois très actif et très cultivé,
après de grands voyages et de grandes lectures, après avoir cassé les
reins aux panthères et coupé les tiges des roses à la balle, pour se distraire,
n'a trouvé sa vraie et haute, distraction que dans ces matières sacrées
et lointaines.
Il faut montrer l'écrivain pour préparer un livre : surtout en une matière
où le fanatisme de la négation se montre souvent aussi odieux que celui
de la foi.»
Esprit scientifique pour la méthode, ému et artiste dans la compréhension
des textes, Le comte de Lafont n'a fait ni oeuvre enthousiaste aveuglément,
ni oeuvre impersonnelle et glacée.
On a beaucoup disserté sur l'art d'écrire l'histoire : combien l'art de traiter
des religions, implique encore plus de qualités diverses ! Ici, le gentilhomme
a gardé les belles bienséances de sa race, et ni l'oriental, ni le
chrétien n'y sont froissés, à aucun endroit. M. Gaston de Lafont a vu que
le Boudhisme ne s'expliquait pas sans ses antécédences, qu'il fallait montrer
la stratification religieuse des deux couches précédentes, le Védisme
et le Brahmanisme avant de raconter la vie et d'exposer la doctrine de
Cakya Mouni. La première conséquence des études indianistes se manifeste
par un peu d'impatience et de colère contre Israël ; cet usurpateur
des biens terrestres usurpe dans la mémoire humaine, la place de
plus grands que lui et le geste initial du savant repousse l'hébreu, pour
le rentrer à son plan, de petit peuple, admirable seulement par la prodigieuse
écriture de ses annales, où l'esprit occidental a trouvé des allégories
si humaines et si précises qu'il les a adoptées, comme ses images
usuelles.