Lettres à sa femme : 1914-1917. Carnet du front

«Mon cher petit, cher petit coeur de mon coeur, chère
petite enfantelle...» Des tranchées, Henri Barbusse
écrit à sa femme Hélyonne. À quarante et un ans, l'écrivain
s'est engagé comme simple soldat. C'est de là qu'il va écrire
Le Feu , prix Goncourt 1916. Ses Lettres retracent avec une
infinie pudeur le quotidien des poilus. On approche aussi
au plus près la création littéraire, puisque Barbusse y tient
le journal de la création du Feu. Les Lettres à sa femme sont
précédées de son Carnet de guerre. L'édition comprend
également des extraits de son recueil de poèmes, Pleureuses ,
publié en 1895, où l'on découvre ses troublantes prémonitions
de jeune homme.
Les engagements pacifistes et communistes d'Henri
Barbusse (1873-1935) vont s'affermir dans la terrible expérience
de 1914-1918. Poète lancé par Catulle Mendès, dont
il épouse la fille cadette, Hélyonne, Henri Barbusse, entre
XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècle, s'ancre dans une littérature de l'espoir.
Journaliste, éditeur, membre du Parti peu orthodoxe, il
entre en révolution grâce à l'écriture. Il publiera une quarantaine
d'ouvrages. En 1935, une foule immense suit sa
dépouille au Père-Lachaise à Paris. Moins de dix ans plus
tard, les nazis trouveront l'écrivain à ce point toujours
aussi dérangeant qu'ils mettront à sac sa maison d'Aumont
dans l'Oise et brûleront l'ensemble de ses livres et de ses
papiers.