Nouvelle Anabase, La, n° 6. Saint-John Perse, 1960-2010 : les 50 ans d'un prix Nobel

L'année 2010 a marqué le cinquantenaire de l'attribution du Prix Nobel de
Littérature à Saint-John Perse, et sans fonder une communauté homogène
de «persiens», les amateurs, lecteurs, critiques, enseignants, intéressés
par la postérité toujours fragile de cette oeuvre réputée pour sa difficulté,
ont pu trouver là une de ces occasions rares, d'en faire vivre la trace. Si
2007 avait pu livrer, en un rendez-vous académique de taille (la présence
de textes du poète au concours de l'agrégation de Lettres), l'occasion d'une
diffusion nouvelle de cette oeuvre auprès du public étudiant et
universitaire, cette année du cinquantenaire fournissait le motif d'une
transmission renouvelée, en dehors même des connaisseurs, en un
moment où tant de mutations sont intervenues au cours des dernières
années, dans les approches critiques. La nouvelle anabase se devait d'être
au rendez-vous de cette commémoration, non comme un passage obligé et
factice, mais bien comme le moment de miser sur un regain authentique.
Quoi de mieux, en pareille circonstance, que de perpétuer l'élan à
l'origine de notre revue, en un numéro à la fois dédié à l'événement, et
reprenant dans le même temps la structure inaugurée avec le N° 1 ? Le
signe, assurément, d'une pérennité déjà acquise, et le pari renouvelé de se
faire l'écho d'une nouvelle vigueur dans notre rapport au poète.