Neige électronique. Vol. 2. Entre vidéo et cinéma

Si la vidéo est d'un usage courant à la télévision et dans la
pratique amateur depuis plusieurs décennies, sa mise en contact
avec des films tournés sur pellicules 16 ou 35 mm traditionnelles
est plus occasionnelle, tout en offrant de nouvelles possibilités
formelles. En conservant la texture particulière de la vidéo
dans un mélange et une confrontation des formats, un effet peut
se produire : l'«effet vidéo». Que peut l'apparition d'une telle
image, définie et lisible comme telle, quand elle est introduite
à l'intérieur d'une oeuvre de fiction ou de documentaire dont
le support de référence est le celluloïd ? La vidéo peut alors
produire une rupture dans son cours, qui est parfois formatrice
de sens, narrativement et/ou esthétiquement.
La matière de cet ouvrage est répartie en deux volumes. Le
second étudie les effets vidéo dérivés, les données des effets
vidéo primitifs ayant été perverties. La vidéo peut perdre alors
toute justification narrative à l'intérieur de l'oeuvre, et peut
infléchir par sa seule texture l'émotion du spectateur, pour
éventuellement «faire l'image» (pour reprendre l'expression
de Samuel Beckett). Enfin, en rendant sa nature instable, l'effet
vidéo peut se glisser dans les rimes d'une béance poétique.
Certains films de (notamment) David Cronenberg, David Lynch,
Abbas Kiarostami, Abel Ferrara, Wim Wenders, Chris Marker
et Jean-Daniel Pollet seront examinés dans ce second volume.