Coups d'Etat : légitimation et démocratie en Afrique

Le coup d'État du 3 juillet 2013 en Égypte est le soixante
septième en Afrique depuis 1952. Cela montre que la rupture des
processus constitutionnels par la force armée est une fatalité
africaine et que, malgré le renouveau constitutionnel à partir de
1990, les pays africains sont très loin d'en avoir terminé avec
le phénomène proclamationnel. En cela, deux facteurs sont
inévitables à l'analyse : l'ethnie et l'armée, qui ponctuent les
événements majeurs et toute la vie publique de ce continent.
Les coups d'État sont un accident politique de parcours, non
prévu par le droit constitutionnel. Ils portent bien une idée de
société, peuvent être légitimes et contiennent également une
certaine légalité. C'est ce que l'auteur explique, tout en insistant
sur la nécessité que les coups d'État restent limités dans le
temps et qu'ils soient un recours réellement exceptionnel.
D'ailleurs, l'ouvrage propose des voies de normalisation des
régimes issus des coups d'État. La communauté internationale
et les populations abhorrent ce type de régime, quelle que soit
sa légitimité, et la pression exercée sur ses auteurs pour sa
fin la plus rapide possible n'est pas marchandée. Il n'y a donc
aucun risque que cet ouvrage serve de manuel aux apprentis
putschistes, tant la tension vers la démocratisation y est
manifeste.