Lous parlàs gascoûns de cap lous defis : de l'escriut e de la ouriginas

La réforme classique occitane de l'écrit gascon,
basée sur l'étymologie, a pu paraître en son temps
d'un grand progrès, mais elle s'avère mal adaptée, très savante
et archaïque. L'écrit est ainsi devenu l'apanage d'une petite élite
passée par les écoles ou l'Université, alors que la graphie moderne
des Anciens, phonétique elle, pouvait être lue de tout le monde !
L'auteur en est venu à penser que la référence étymologique de la
première écriture et la simplicité phonétique de l'autre faciliterait
l'intelligence d'une langue qui a évolué depuis le Moyen Age, et
dont la réacquisition passe aujourd'hui par l'écrit. Cette troisième
voie d'une graphie classique modernisée, apporte enfin quelques
innovations pour mieux servir le gascon en son ensemble.
L'auteur n'a cessé aussi de s'interroger sur les mystères de cette
langue, en particulier à travers l' Atlas linguistique de la Gascogne
de J. Séguy, révélant bien des curiosités. Pourquoi le gascon occidental
est-t-il si différent du gascon oriental ? Pourquoi le parler
septentrional girondin ? Pourquoi le «parlà negue» ? Et l'article
pyrénéen ? L'histoire de la langue étant très mal connue, les affirmations
sont souvent contradictoires. Deux thèses ont orienté ces
recherches : celle d'A. Arette sur les Gascons et Vaccéens, et celle
de J. Supéry sur les Vikings. Celles-ci donneraient des clefs pour
nombre des cartes de l' Atlas ! La langue et l'Histoire s'éclairant
mutuellement, le gascon serait finalement le reflet d'une histoire
très particulière, antique et inédite : certains de ses traits semblent
remonter au temps de la poussée wisigothique du VI<sup>e</sup> siècle ou aux
incursions vikings des IX<sup>e</sup> et X<sup>e</sup> siècles. Certains mythes, tel celui
des Bécuts , vont dans le même sens.