La Sidot Marlène : ma grand-mère, sa terre, ses vaches et moi

Pas une à s'en laisser conter, «La Sidot Marlène» !
Bien sûr elle ne paye pas de mine, mais son allure
passe-partout ne dit rien de son tempérament
de feu, de son énergie ravageuse. Grand-mère
d'autrefois, fille impayable des terroirs lorrains,
elle mène tout son petit monde à la baguette
avec un formidable mélange de majesté et
d'arrogance. Sans jamais donner prise à l'adversité.
Pensez donc, au siècle dernier elle a traversé
l'Histoire et changé de nationalité cinq
fois. Mais toujours, elle a parlé notre francique
(ainsi parlait Charlemagne !) : aux Allemands,
aux Français, aux Américains. Tous la comprenaient...
Sa langue était comme la terre
qu'elle cultivait avec passion, dépourvue de
l'opulence des parlers citadins, mais capable de
nourrir le quotidien, de rudoyer le sacré comme
le profane, de vivifier le passé et d'engendrer
l'avenir.
Dans cet ouvrage drôle et tendre, écrit d'une
plume alerte, Gérard Houver nous propose une
rencontre avec un personnage taillé dans le
roc : sa grand-mère. Ce récit nous plonge dans
un étonnant voyage dans le temps. On rit aux
larmes au fil des souvenirs de l'auteur et souvent,
on pense à Paul Valéry qui disait joliment :
«la mémoire est l'avenir du passé».
Gérard Houver nous le prouve.