Raisons, comparaisons, éducations, n° 9. L'enseignement des langues étrangères face aux évolutions des systèmes éducatifs

La Revue française d'éducation comparée. Raisons, comparaisons,
éducations paraît deux fois par an. Elle illustre la recherche en éducation
comparée dans ce qu'elle a de plus innovant, en France et dans le monde.
Soucieuse de nouvelles approches et de nouveaux objets dans le champ de
l'éducation et des sciences sociales, elle propose un dialogue avec d'autres
sciences, «humaines» (histoire, géographie, linguistique, littérature,
anthropologie, politique...) ou non (mathématiques, biologie, droit...), et
présente des travaux sur les aires culturelles du monde entier.
Quelles sont les langues enseignées chez nos voisins, proches ou lointains ?
Selon quels objectifs ? Quel est le rôle de l'école vis-à-vis de ces apprentissages
et comment organise-t-elle leur enseignement ? Comment sont formés les
enseignants de langues étrangères ? Utilisent-ils tous les mêmes approches,
techniques et outils ? Quelles sont leurs places ?
Nos institutions éducatives connaissent, avec la mondialisation, l'avènement
des médias, l'augmentation des probabilités objectives et subjectives de
voyager (de rencontrer l'autre, cet étranger), de vraies mutations qui ne sont
pas sans conséquences sur les pratiques.
L'enseignement des langues étrangères, selon les systèmes éducatifs,
n'apporte pas les mêmes résultats, n'a pas les mêmes finalités, et interpelle
différemment les acteurs qui en ont la charge. Cet enseignement relève de
politiques linguistiques et éducatives dont on s'est peu préoccupé jusqu'à
présent. Ces orientations et ces choix concernent non seulement la manière
dont s'envisage, s'organise ou se planifie la diffusion-promotion de nos
langues-cultures respectives en dehors de nos frontières, la manière dont
s'opère l'enseignement des langues locales, nationales, régionales ou
étrangères, au sein de nos propres systèmes éducatifs, mais encore nos
manières d'apprendre et d'enseigner.
Comparer ce qui est comparable, s'intéresser aux caractéristiques qui font
nos spécificités, nos manières d'envisager l'enseignement-apprentissage des
langues - que l'on se place du point de vue des institutions ou des acteurs
de l'éducation -, c'est être en mesure de se décentrer, c'est être capable de
s'ouvrir «aux centrations de l'étranger» (L. Porcher). Tel est l'objectif de ce
numéro, qui regroupe des contributions d'ici et d'ailleurs, sur l'enseignement
des langues étrangères dans nos systèmes éducatifs respectifs.