Le mouvement moderniste de Thessalonique (1932-1939). Vol. 2. Figures du cosmopolitisme

Cas d'école de l'histoire de la littérature plutôt qu'«école» au sens
local du terme, le mouvement moderniste de Thessalonique permet
d'appréhender dans sa plus grande intensité le phénomène de la
modernité littéraire en Grèce dans les années 1930. Après l'étude de
son esthétique intimiste menée dans le premier volet du présent
ouvrage, ce second tome propose une nouvelle approche, plus
précisément historique, de sa dimension cosmopolite. De fait, se
prévalant de la «nouveauté» de la ville où ils entamaient leur carrière
- ex-cité ottomane intégrée au territoire hellénique à l'aube du XX<sup>e</sup>
siècle -, les auteurs regroupés autour du mensuel Jours de Macédoine
ont surenchéri sur l'idéal de renaissance culturelle inspiré de modèles
occidentaux qui animait les jeunes Athéniens. Passeurs de Proust,
Katherine Mansfield, Bontempelli ou Kafka, ils ont identifié
l'émergence de leur centre, et de sa «nouvelle atmosphère
cosmopolite», dans le champ littéraire grec avec la vraie naissance
d'une littérature nationale apte à exprimer la vie intérieure du sujet
moderne pris dans les turbulences de l'entre-deux-guerres et
destinée par là même à se constituer par «épigamie avec l'esprit
européen».
Faire l'examen critique de cette démarche avant-gardiste,
c'est alors décrire le fonctionnement d'une revue d'écrivains
considérée dans son rapport avec les oeuvres qui y ont été créées
et saisie dans son réseau d'information et d'échange. La
méthode d'analyse ici essayée, à mi-chemin de la poétique des
groupes et des études de réception, se veut une contribution à
la littérature comparée.