Un avant-goût de printemps

"Voici la véritable histoire des braqueurs de banque Kurt Sandweg
et Waldemar Velte qui, pendant l'hiver 1933-1934, cherchèrent
la route maritime de Wuppertal jusqu'aux Indes. Ils n'allèrent
pas plus loin que Bâle, tombèrent amoureux d'une vendeuse
de disques et achetèrent tous les jours un disque de tango..."
C'est un drame bien réel qui fournit à Alex Capus, l'un des
meilleurs représentants de la nouvelle génération des écrivains
de langue allemande, le point de départ d' Un avant-goût
de printemps. Le fait divers y devient un roman où les souvenirs
se mêlent aux témoignages, où les documents affleurent au fil du
récit, pour mieux en préserver la part d'incertitude, de suspense.
Ainsi se reconstruit sous nos yeux, avec une rare finesse, l'histoire
d'un quatuor amoureux frappé d'hésitation : deux jeunes
braqueurs poussés vers l'abîme par leur nihilisme et deux jeunes
femmes qui se laissent - ou non - séduire, entourés de multiples
personnages jouant leur propre partition. Avec leurs certitudes,
leurs pudeurs, leurs contradictions, toutes ces voix réunies font
l'inventaire d'un destin tragique où passe la promesse du bonheur,
cet "avant-goût de printemps", peut-être, dans un hiver de sang.