Pour l'éducation populaire

Sous tous les régimes que la France a connus au cours du siècle
dernier, les mouvements de jeunesse et d'éducation populaire ont
oeuvré en faveur de la libération culturelle et sociale des gens de peu.
Ils ont complété l'action quotidienne de l'école républicaine - école de
la discrimination positive - et montré par l'exemple la voie des
réformes en matière de formation professionnelle et d'accès à la culture
et aux loisirs.
Trop dangereux pour les nantis, ils ont généralement été la cible de
ceux qui refusent les changements capables de détruire leurs privilèges.
C'est ce que démontre Michel Héluwaert tout au long d'une
chronique de défense et d'illustration de l'éducation populaire qui est
l'essence de cet ouvrage.
Après avoir présenté l'activité citoyenne en dehors de l'école en
France depuis un siècle et demi et montré que certains mécanismes institutionnels
ont dénaturé l'espoir initial, l'ouvrage se situe dans le
débat actuel sur l'école et son avenir en posant le problème de sa
décentralisation indispensablement liée à un renforcement des associations
d'éducation populaire avec qui elle doit travailler pour le bien de
ceux qui lui sont confiés.
Sa présentation garde une neutralité de commentaire absolue qui
illustre superbement la vraie conception républicaine de la laïcité.
Annuaire d'à peu-près tout ce qui s'est fait dans ce domaine depuis un
siècle et demi, c'est un manifeste pour l'éducation populaire, une propédeutique,
un instrument de formation indispensable pour de futurs
animateurs.