La sensibilité individualiste

Au début du XX<sup>e</sup> siècle, alors que de toute part on clame les
vertus de l'intérêt collectif, Georges Palante (1862-1925) se
démarque des penseurs socialistes, anarchistes ou libéraux
de son temps. Dans ces deux articles, «Sensibilité individualiste»
(1907) et «Anarchisme et individualisme»
(1908), il leur reproche de défendre, quelle que soit leur étiquette,
des intérêts de classe dans lesquels l'individu reste
toujours un laissé pour compte. Selon lui, l'individualisme
relève avant tout d'une sensibilité : c'est un refus des illusions
qui dépasse tous les clivages, un combat perpétuel
contre la société pour préserver son intégrité. Au final,
même l'anarchisme vise à reconstruire un nouvel idéal.
Redécouvert par Michel Onfray en 1990, ce lecteur passionné
de Nietzsche s'est suicidé en 1925.