Tête à claques : roman autobiographique

«L'occasion était trop belle pour Suzanne.
Elle surgit aussitôt dans la chambre d'Anna, en furie, armée
d'une balayette en bois, et la frappa au visage.
"De quel droit tu prends les affaires de ton frère, salope !
Tiens ! Prends-ça dans ta ganache, peau de pute !"
Anna tenta de se protéger le visage, mais Suzanne visait bien
et le coup partit sur la tempe. Anna vit trente-six chandelles
et riposta.»
Tête à claques est avant tout le drame
de la désintégration d'une famille. Il y a dans ce roman
autobiographique un tel enchevêtrement de faits,
de sentiments, qui révèle quelque chose de trouble et
de plus profond, car au-delà de l'histoire personnelle,
Betty Galland ne parvient à éteindre complètement
le charme étrange et nostalgique de son romantisme.
A la façon de Brecht, Betty Galland pratique
«la distanciation» avec brio. L'identification affective
du lecteur, qui est le ressort de l'émotion est ici abolie
et laisse au lecteur sa liberté de jugement.