La truffe du Périgord

La truffe... mot évocateur, mot magique presque ! !
- La truffe dont le parfum embaume nos coeurs et met en grande frénésie nos papilles gustatives.
- La truffe qui est et reste la reine incontestée des palais... et du palais, celle qui a fait dire à l'un de mes amis, véritable Curnonsky moderne, que sa dégustation est « un des grands moments de la conscience humaine ».
- La truffe qui apporte aux heureux dégustateurs un regain d'activité intellectuelle au point que Balzac n'a pas hésité à écrire : « Quelques truffes à mon souper et c'est dix, vingt personnages de la comédie humaine qui jaillissent sous ma plume ».
- La truffe, enfin, qui, en plus de sa suavité, de sa valeur culinaire incomparable et de ses retombées intellectuelles si attractives, pousserait ceux qui la consomment à sacrifier plus volontiers à Eros.
Toutes ces qualités lui confèrent une place exceptionnelle au sein des produits du sol, et c'est peut-être pour cela que la nature nous l'attribue avec tant de parcimonie comme si, jalouse et fière d'un tel joyau, elle ne l'abandonnait aux humains qu'à contrecoeur, après avoir semé d'embuches le chemin qui mène à ce « Katmandou » gastronomique.
Mais la truffe, comme la drogue, n'est-elle pas devenue une illusion, une chimère, un mythe auquel s'accrochent désespérément quelques esprits à l'imagination fertile ?
On serait tenté de le croire, si des témoignages n'étaient là, associant dans une même « dolce vita », poularde truffée, fiacres et crinolines, et révélant ainsi l'importance exceptionnelle de la truffe dans un passé encore proche.
Charles Parra