Missionnaires capucins et carmes aux Antilles : Pacifique de Provins et Maurile de St Michel

Carmes et capucins ont participé aux premières étapes de la colonisation française des
Petites Antilles. Seuls deux d'entre eux nous ont laissé un témoignage de leur mission et
de leurs actions.
Après avoir accompli plusieurs voyages en Orient, le capucin Pacifique de Provins (1588-1648)
s'embarque en 1645 pour les Antilles. Commissionné comme préfet apostolique, il
y visite les îles de la Martinique, la Dominique et Marie-Galante, avant de s'établir, pour
quelques mois, à la Guadeloupe, où il rédige sa Brève relation du voyage des îles d'Amérique.
Cet écrit " d'honnête curiosité , [...] sincère et véritable ", imprimé dès son retour en France
(1646), témoigne succinctement de ce qu'il a vu durant son séjour.
Le Voyage des îles camercanes est l'oeuvre du carme Maurile de Saint-Michel ( ca 1615-1669).
Ce récit, publié en 1652, témoigne du bref séjour de son auteur à Saint-Christophe
et décrit les circonstances de l'établissement des carmes dans les Caraïbes. Cette oeuvre,
écrite à la demande du général de l'ordre, s'adresse à ses confrères susceptibles de partir à
leur tour en mission, à ceux qui se trouvent déjà dans les îles mais aussi aux laïcs curieux
de la colonisation. De sa brève expérience coloniale, Maurile de Saint Michel a tiré une
oeuvre dense, qui définit une manière originale de penser et de vivre le travail missionnaire,
mais aussi d'écrire une relation.