La montagne et le coquillage : comment Nicolas Sténon a remis en cause la Bible et créé les sciences de la terre

«Que font là tous ces coquillages, si loin de
la mer, et parfois au sommet des montagnes,
enchâssés dans les roches les plus dures ?»
Telle était la question que les sages de la
Grèce antique se posaient déjà.
Aujourd'hui la réponse va de soi. Mais
hier, et jusqu'au XVII<sup>e</sup> siècle, la théorie qui
prévalait affirmait que ces «coquillages» poussaient sur
place et qu'ils n'avaient que l'apparence d'une huître,
d'une praire ou d'une palourde.
Dieu n'avait-il pas donné à la Terre sa forme définitive
dès la première semaine ? Et le Déluge ne pouvait-il pas
expliquer en partie ce si curieux phénomène ?
Né en 1638 au Danemark, Nicolas Sténon va pulvériser
ces préjugés. Il va entreprendre de déchiffrer les strates de
l'écorce terrestre, comme autant de grimoires où l'on peut
lire l'histoire de la création, et réduire en cendres les
affirmations de la Bible qui fixait l'âge de notre planète à
six mille ans.
Puis, alors que ses idées finissent par être reconnues et
devraient l'éloigner de l'Eglise, il abandonne ses recherches
pour devenir prêtre. En 1988, Jean Paul II le canonisera...
Tel fut le destin de celui que l'on considère comme le
père de la géologie moderne.