Miettes du temps d'avant en Corrèze

C'est au début du siècle passé, aux confins de la Corrèze et de la Haute-Vienne, en ces lieux situés entre les terres profondes du Vendômois et celle difficiles - tantôt brûlées, tantôt glacées par les saisons - des plateaux de mille vaches que se situe l'histoire d'Antoine Bort. Sur ces terres rugueuses qui ont nourri l'œuvre de Marcelle Delpastre.
C'est l'histoire de ces petits paysans de la première moitié du XX<sup>e</sup> siècle : paysans sans terres, manouvriers qui louaient leur bras chez l'un, chez l'autre, pour donner du pain à leurs enfants, souvent nombreux, pour avoir le droit de faire pousser des légumes ou récupérer quelques charretées de branches pour se chauffer.
C'est la vie du village avec ses préaux d'école, bourdonnant de vie, ses commerces, ses artisans. Les uns étaient maçons ou charpentiers, d'autres s'étaient découverts menuisiers, ébénistes même. Il y en avait toujours un avec des talents de vétérinaire, voire de guérisseur. Cette complémentarité de compétences était le liant d'une solidarité indéfectible : nul n'était délaissé.
Dans un de ces nombreux villages vivaient Antoine, le charbonnier qui était aussi le bûcheron, Miette - celle autour de laquelle s'articule ce témoignage - sa femme qui éleva six enfants et quatre petits-enfants : ce sont les grands-parents de l'auteur qui accompagnait sa grand-mère au bord des pêcheries - mares où on lavait le linge - dans les prés à la fenaison, dans les champs pour sarcler les légumes ou ramasser les javelles.
C'est à toutes ces Miette du temps passé qui, levées aux aurores, tard couchées, ne se plaignant jamais et veillant sans relâche à ce que personne autour d'elle ne manque jamais de rien, que ce livre est dédié.