Too much future : le punk en République démocratique allemande

RDA , années 70, l'avènement du punk provoque
un raz-de-marée, un frisson salvateur, euphorisant.
Nul besoin de savoir jouer de la musique
pour être punk et hurler sa haine contre l'État :
il suffit de cisailler ses cheveux et déchirer ses
vêtements. Mais cela suffit, aussi, pour être considéré
comme un ennemi de l'intérieur. La Stasi,
police d'État de la République Démocratique
Allemande, traque, poursuit, interroge, emprisonne
et bannit les punks, tant ils forment un
vent contraire à la politique répressive d'un État
pourvoyeur d'avenirs programmés. Protagonistes
de ce soulèvement, Michael Boehlke et Henryk
Gericke rendent compte de la formation de ces
groupes, des amitiés nouées, de la débauche des
concerts clandestins, ainsi que de l'étonnante
complicité des Églises luthériennes. Ces textes
et entretiens dévoilent le devenir des punks
dans une société dont la politique a tout mis en
oeuvre pour éradiquer l'image de liberté qu'ils
promulguaient. Le Mur est alors tombé comme
un couperet : c'est le moment où les dossiers de
la Stasi révèlent l'infiltration des punks par les
services d'espionnage.