Vivre de sa musique avec la SACEM

Cette année, quelque huit mille nouveaux auteurs et compositeurs
d'oeuvres musicales se presseront aux guichets de la Sacem, pour y
adhérer et gagner leurs éventuels droits d'auteurs. Parmi eux, beaucoup
d'appelés, mais combien d'élus ?
Parallèlement en France, cinq cent mille commerçants, associations,
municipalités, radios et télévisions, ainsi que producteurs de disques,
cassettes ou DVD, payent des redevances à la Sacem, pour l'usage des
oeuvres écrites par ses cent dix mille membres, et les centaines de
milliers d'auteurs étrangers qu'elle représente.
Le monde de la musique est fait de cette masse impressionnante de
créateurs et d'utilisateurs, mais aussi d'artistes interprètes, de musiciens,
d'éditeurs, de producteurs, de distributeurs, de grandes surfaces spécialistes,
comme la Fnac et les Virgin Mégastores.
L'irruption soudaine de l'Internet, en provoquant la dématérialisation
des supports tangibles comme le CD et la bande audiovisuelle, et
la substitution du négoce des droits intellectuels au commerce des
supports traditionnels, déclenche de violents conflits d'intérêts, dont la
presse se fait largement l'écho, à l'occasion de débats parlementaires
passionnés.
La vocation historique de la France au service des oeuvres de l'esprit,
s'en trouve ébranlée. L'attitude hostile aux auteurs de l'Union
Européenne n'arrange rien. Le XXI<sup>e</sup> siècle annonce-t-il le crépuscule
de la propriété artistique ?
En présence du labyrinthe de plus en plus complexe et inextricable
des droits et ambitions en présence, Jean-Loup Tournier, à travers son
parcours personnel, tresse en termes simples, dans un style anecdotique
et souriant, le fil d'Ariane permettant à tout un chacun, professionnel
ou observateur, de s'y retrouver sans peine et d'acquérir la compréhension
des enjeux actuels du combat pour la musique.