Mémoire d'orphelin

Dans une société marquée par les atteintes à la dignité humaine, façonnée
par le régime dictatorial de Nicolae Ceausescu, Alina grandit auprès d'un
père alcoolique, d'une mère malgré elle, et de ses deux soeurs. Dans un
appartement insalubre de Calarasi, sur fond d'alcool et de misère humaine,
le lecteur assiste à l'effondrement des valeurs familiales et morales conduisant
à l'abandon aux mains du régime des trois fillettes. Alina a alors 4 ans.
Séparée de ses soeurs, elle intègre un orphelinat pour préscolaires avant
d'être transférée, deux ans plus tard, dans une seconde institution, où elle
est quotidiennement confrontée à la violence. La peur qui s'installe alors
dans son esprit bloque ses capacités à assimiler les informations, sa scolarité
est proche de l'échec, les carences affectives annihilent son développement
émotionnel et relationnel. Quatre années de descente aux enfers durant
lesquelles elle tente désespérément de ne pas céder à l'emprise de la terreur.
La chute du communisme, en 1989, lui ouvrira enfin une voie vers la résilience,
au travers de l'intervention de la Croix-Rouge de Genève, dont le vaste projet
d'aide humanitaire agit comme une bouée de sauvetage pour une trentaine
d'enfants sélectionnés présentant des «dysfonctionnements psychiques, mais
estimés partiellement récupérables».
Mais Alina est-elle pour autant prête à aller au-devant de la rencontre qui va
bouleverser sa vie ?