Africains si vous parliez

Quoi qu'en disent les radotages de vos théoriciens tiers-mondistes,
Monsieur le Président de la République française, quoi qu'en
disent les ethnologues d'un autre âge qui s'empressent autour de
vous et assurent vous livrer l'âme noire toute nue, un peuple déshérité
ne saurait transformer son présent ni conquérir son avenir
sans élever la voix et même frapper du poing sur la table.
Dans les dispositions de l'Elysée à l'égard de l'Afrique, rien
n'a changé ; c'est toujours le même choix, en faveur des dictateurs,
contre les peuples. Les espérances politiques de nos peuples ont été
le plus souvent soit trahies, soit mystifiées.
Les pouvoirs franco-africains organisent donc le vide, le
silence morose, le côtoiement des individus, des groupes, des catégories,
des ethnies, jamais leur dialogue et leur interpénétration,
en un mot l'obscurantisme. Broyés par des institutions culturelles
dont la fatalité est de nous aliéner, nous prétendons créer une littérature
qui soit l'expression authentique de notre moi collectif.