Réfractaires à la guerre d'Algérie (1959-1963) : avec l'Action civique non violente

Quarante ans après la fin de la guerre d'Algérie, un groupe
d'anciens réfractaires et de solidaires décident de
témoigner. Avoir l'envie de se rencontrer pour se raconter
tant d'années après était parfaitement déraisonnable. Déraisonnables,
ils avaient déjà montré qu'ils pouvaient l'être. Leur livre nous apprend
comment ils ont décidé ensemble de dire non et d'attiser une
conscience, si actuelle, de la désobéissance civile comme forme
incontournable de toute civilisation humaine...
Honneur à vous, les insoumis, les déserteurs, les
objecteurs, les réfractaires qui avez eu le courage de
«résister», de dire non, à la pacification, à la torture,
aux répressions, aux camps d'internement, le courage
de «désobéir aux ordres», à la loi même, aux violations
des droits de l'homme, droits individuels et collectifs,
droit à l'autodétermination et à l'indépendance du peuple
algérien [...]. Vous étiez et vous restez modestes, vous
faisiez ce que vous dictait votre conscience, et vos refus
étaient multiples, variés, personnels ; ils étaient riches
de leur diversité.
Jean-Jacques de Félice, avocat. Préface
Parce qu'elle réfère à un passé encore présent pour
beaucoup d'entre nous, la guerre d'Algérie garde, à bien
des égards, encore ses mystères. Les voiles sur ces
«événements» ne se soulèvent finalement que lorsque
les langues de nos parents se délient. Mais il faut du
temps, beaucoup de temps pour qu'ils nous livrent,
lorsqu'ils le font, l'histoire vibrante, ardente et
éprouvante de celui qu'elle a transcendé et souvent
meurtri. Et c'est cette émotion qu'ils parviennent à
cristalliser dans des mots qui jaillissent parfois au détour
d'un repas de famille...
Djaouida Sehili, sociologue. Postface