La dame à la licorne. Du coin de l'oeil où perlent les larmes

Quelle est cette licorne blanche qui apparaît à
la lumière au bord du fleuve ? Qui est cette
dame au visage grave qui lui tend le miroir
dans la tapisserie aux mille fleurs du musée de Cluny,
à Paris ? Et comment pénétrer le mystère des six
tentures, Le Toucher, le Goût, l'Odorat, l'Ouïe, la Vue,
selon la hiérarchie médiévale des cinq sens, puis «A
mon seul désir» ? Quel est le cri de la licorne ?
Que nous dit l'exploration des allées de l'être,
du devenir et de la reconnaissance ? Pourquoi cela
donne-t-il tant de plaisir, dans un roman, quand les
personnages, à la fin, se retrouvent ? Les quatre
adolescentes, camarades de lycée, se retrouveront-elles
à l'âge mûr, comme l'une d'elles, Artémis, d'une
voix oraculaire, le leur avait annoncé ?
Ces deux nouvelles content chacune une
poursuite, celle de la voix singulière telle que,
volubile, elle nous invite au partage.
«Le paysage se dépliait, complice, sous nos pas, pour
nos oreilles, nos narines, nos yeux, de façon toujours
dissemblable. De même, quand on relit un livre, cette
nouvelle lecture ne ressemble jamais exactement à la
première. Nous créons en nous le temps de notre
création - manière, peut-être, de nous rendre dignes
du hasard de notre naissance.»