Prix de la justice et de l'humanité

En février 1777, la Société économique de Berne,
dont Voltaire est membre, met au concours ce sujet :
«Composer et rédiger un plan complet et détaillé
de la législation sur les matières criminelles [...] en
sorte que la douceur de l'instruction et des peines soit
conciliée avec la certitude d'un châtiment prompt et
exemplaire, et que la société trouve la plus grande
sûreté possible pour la liberté et l'humanité.»
L'occasion est belle : Voltaire reprend et résume
avec une vigueur nouvelle ses idées sur les lois. Ainsi
naît Prix de la justice et de l'humanité.
La question de la peine de mort en est le centre de
gravité. En elle se concentrent deux travers majeurs
de la loi : la disproportion et, souvent, l'inutilité des
peines. Voltaire traque ces deux vices dans le mécanisme
légal et en note partout les dégâts et les absurdités.
Le temps est venu, dit-il, d'instituer une loi de
raison, une loi de vertu, une loi laïque enfin, qui extirpe
en droit l'idée même d'hérésie.