Le cinéma en toutes lettres : jeux d'écritures à l'écran

Des intertitres du très controversé Naissance d'une nation
de Griffith aux inscriptions écrites dans les cartoons de Tex
Avery, du graphisme innovant de Saul Bass, qui transforma
le générique de film en art, aux lettres creuses en vogue
dans les génériques des années 1970, des écrits de presse
dans Citizen Kane ou Eyes Wide Shut aux lettres porteuses
de magie ou de mystère, des tatouages de Memento aux
lettres de néons de William Klein ou aux écrits urbains
de David Lynch, ce sont toutes les formes d'écritures à
l'écran que les articles de ce recueil explorent et analysent
dans le domaine du cinéma anglophone.
Si la lettre a parfois été considérée comme une intruse
dans le flux continu des images, un mal nécessaire venant
ternir la pureté de l'image, c'est oublier que le cinéma est
par essence un art hétérogène, combinaison d'éléments
visuels mais aussi de sons et d'éléments graphiques où
chacune des trois dimensions s'enrichit des deux autres.
Le parcours proposé dans ce recueil s'attache ainsi à
rendre justice au rôle de l'écrit au cinéma : qu'il soit au
coeur de l'intrigue, joue des tensions entre lisible et visible
ou devienne un élément de composition plastique, l'écrit
se révèle une composante discrète mais essentielle dans
l'économie des films.