Les ligueurs de l'exil : le refuge catholique français après 1594

Les ligueurs de l'exil : le refuge catholique français après 1594

Les ligueurs de l'exil : le refuge catholique français après 1594
Éditeur: Champ Vallon
2005317 pagesISBN 9782876734258
Format: BrochéLangue : Français

En 1585, à la mort du duc d'Anjou, frère d'Henri III, l'héritier du trône

devint le roi de Navarre (futur Henri IV), chef du parti protestant. Après

un quart de siècle de guerre civile, cette perspective était inacceptable pour

les catholiques radicaux. Ils formèrent une Ligue, que dirigeaient les

Guise, d'où le nom de ligueurs que l'histoire leur a attaché. Mais ce fut

Henri IV qui remporta la victoire militaire et politique, au prix, il est vrai,

de sa conversion au catholicisme.

Alors, en 1594, certains de ces ligueurs choisirent l'exil plutôt que de vivre

sous l'autorité d'un «hérétique relaps». Ils étaient si attachés à une

conception intransigeante du catholicisme qu'ils s'installèrent sur les

terres du roi d'Espagne (le «roi catholique»), à Bruxelles surtout. Après

la paix entre l'Espagne et la France, en 1598, le sort de ces exilés devint de

plus en plus sombre et le sens de leur attachement à la «liberté de

conscience» (c'était leur propre terme) de plus en plus mystérieux.

Beaucoup rentrèrent au pays, où eux et leur famille connurent un net

déclassement social, beaucoup restèrent en Flandres jusqu'à leur mort.

Ce livre scrute l'aventure de ces exilés, surtout à travers les rapports qu'ils

entretenaient avec les autorités espagnoles qui les pensionnaient et

tâchaient de les utiliser. Toute une passionnante galerie de portraits est

ainsi esquissée : du duc d'Aumale, ce grand seigneur malheureux à la guerre

(mais excellent catholique), au maréchal de Rosne qui mourut au combat

alors qu'il commandait l'armée espagnole au siège de Hulst, de Bussy-Leclerc,

l'ancien gouverneur de la Bastille, qui exaspérait le monde avec

son gros chapelet rouge, à Godin, l'ancien maire de Beauvais estropié par

les nobles de son propre parti... Tous ces hommes peinaient à former une

communauté, mais ils étaient unis par le souvenir des luttes passées et par

leur commun attachement à un catholicisme absolu qui refusait toute

cohabitation avec une autre religion, surtout si elle se prétendait chrétienne.

Au fur et à mesure de leurs recherches dans les archives de Bruxelles,

Simancas, Madrid, Milan, Paris, Lille..., une évidence s'imposa aux

auteurs à travers la confrontation de leurs cultures historiques (l'un est

espagnol, l'autre français) : ils finirent par devoir reconnaître que ces

exilés qui avaient fui la France d'Henri IV n'étaient pas seulement des

fanatiques, condamnés depuis le XVII<sup>e</sup> siècle par la tradition, qu'elle soit

royale, libérale ou nationale, mais qu'ils avaient été aussi porteurs d'un

message religieux et politique qui avait sa logique et a même eu, on peut

le regretter, une postérité.

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