Napoléon III et l'Italie : naissance d'une nation, 1848-1870 : catalogue de l'exposition du Musée de l'Armée

S'il compte incontestablement parmi les promoteurs
déterminants de l'unité italienne, Napoléon III laisse
aux héritiers de Garibaldi un souvenir ambigu. Fin
connaisseur de l'Italie où, jeune homme, il a longuement
séjourné, l'empereur s'est laissé gagner
à la cause nationaliste autant par sa vieille fibre
carbonariste que par l'action de cavour et de la
belle comtesse de castiglione. En 1859, il engage une
armée de 120 000 hommes aux côtés des maigres forces
piémontaises, et remporte sur les autrichiens les
succès décisifs de magenta et de solférino. Pourtant,
il s'empresse de mettre un terme à la campagne.
L'effroyable carnage mais, surtout, le risque d'une
interposition prussienne l'y invitent. Les italiens ne
comprennent pas. Et leur perplexité vire au ressentiment
quand, sous la pression des milieux cléricaux
et de l'impératrice, napoléon III refuse de faire évacuer
rome à ses soldats qui garantissent l'intégrité
des états pontificaux et, du même coup, retardent le
parachèvement de l'unité de la péninsule. Pour prix
de l'épopée inachevée, la france s'accrut néanmoins
de nice et de la savoie.
Outre une époustouflante galerie de peintures,
l'exposition présente pour la première fois la collection
photographique du célèbre studio Alinari,
véritable acte de baptême du photo-reportage.