La part du feu ou La victoire d'Aristide, paysan de Gascogne

«Quand le bûcher fut prêt...
L'Aristide siffla, admiratif :
- Vous en avez trouvé du bordel !
- Oh, il y en aurait encore, hé ! répondit le père.
- Il faut en laisser pour l'année prochaine ! dit alors quelqu'un.
- Il n'en manquera pas !
On tournait autour de lui, on appréciait à l'avance la hauteur des flammes qui s'en dégageraient.
- Il va se voir de loin, celui-là !
- Bou Diu ! A Manciet, je parie !
- Pas tant ! Pas tant ! dit un voisin dont la manie irritante était d'en rabattre sur tout.
- Ca m'étonnerait, té ! Tu n'auras qu'à y aller voir !
- Pour te faire plaisir ?»
Le feu de la Saint-Jean sera-t-il cette année l'exorciste espéré par Vincent ?
«C'est dans ma terre Gascogne, nous dit l'auteur, que j'ai creusé les sillons de ce récit et campé mes héros dont la plupart ressemblent étrangement à des modèles qui me sont chers. Mais, comme je n'ai pas voulu écrire une autobiographie, j'ai créé un personnage ainsi que l'ombre d'un autre afin de brouiller les pistes.
Quand à l'intrigue, discrète et adaptée, empreinte d'un merveilleux qui colle bien à certains des acteurs et à l'époque - 1948 ? - elle est imaginaire.»