Evènements climatiques extrêmes : réduire les vulnérabilités des systèmes écologiques et sociaux

Notre planète est confrontée à des événements extrêmes de plus en plus
dévastateurs. À l'échelle mondiale, les 25 catastrophes les plus coûteuses entre 1970
et 2009 sont toutes survenues après 1987, et plus de la moitié d'entre elles depuis
2001. Sur ces 25 catastrophes, 23 étaient liées aux conditions climatiques.
La France n'est pas épargnée : les tempêtes de décembre 1999 y ont provoqué
88 morts, privé 3,5 millions de foyers d'électricité et coûté plus de 9 milliards
d'euros. La canicule de 2003 a entraîné près de 15 000 décès surnuméraires
du 1<sup>er</sup> au 20 août. La récente tempête Xynthia, avec ses ruptures de digues, a
provoqué 53 morts, s'ajoutant à tant d'autres tragédies survenues dans des zones
inondables, et nous interrogeant. Sommes-nous prêts par exemple à affronter une
crue comparable à celle de 1910 dans le Paris de demain ?
Dans le contexte actuel de changement climatique, nous savons que nous
devons nous préparer à des événements extrêmes plus dangereux, quelquefois
inédits. Ces événements voient leurs effets amplifiés par le développement urbain,
le surpeuplement des zones littorales et l'anthropisation des milieux naturels. Ils
représentent de véritables «trappes à pauvreté» pour les pays les plus pauvres
de la Planète.
Un réel besoin d'anticipation existe donc : notre pays est-il prêt à y répondre ?
Participe-t-il suffisamment aux actions internationales visant à réduire les risques ?
Dispose-t-il d'une information scientifique appropriée ?
La France n'est pas moins vulnérable que d'autres pays. Elle doit renforcer
ses capacités de prévention, de réponse et de résilience, tant dans le cadre de
politiques intégrées de gestion des risques de catastrophes que dans celui de
plans d'adaptation au changement climatique. Ce renforcement suppose le développement
de systèmes de vigilance couvrant davantage de risques et bénéficiant
d'avancées obtenues entre autres dans les domaines de la météorologie et de la
santé. Il suppose aussi un aménagement du territoire permettant d'améliorer la
viabilité des systèmes écologiques et sociaux - notamment en protégeant leur
diversité. Ce renforcement requiert enfin des solutions de couverture financière
incitatives pour prévenir les catastrophes, de même que pour les gérer quand
elles surviennent. Un effort constant d'éducation du public et des nouvelles
générations s'avère indispensable.
Tout ceci passe par des programmes de recherche fédérateurs d'excellence,
s'appuyant sur des données de qualité, sur une validation des modèles climatiques
et hydrologiques, sur l'intégration dans ces modèles de connaissances issues
des sciences biologiques, humaines et sociales. Investir dans de tels programmes
s'impose à tous.