Erikskrönika. Chronique d'Erik : première chronique rimée suédoise (première moitié du XIVe siècle)

Le prologue de l' Erikskrönika évoque la création du monde, manière
habile d'introduire, parmi tous les pays créés par Dieu, le royaume de
Suède. Placée ainsi au seuil de l'oeuvre, la Création renvoie aussi de façon
métaphorique à l'acte même de rédaction de l'oeuvre. Ce lieu commun
prend une autre dimension si l'on souligne que l'auteur inconnu a rédigé
une oeuvre dont le genre n'existait pas encore en langue suédoise. Il est
aussi le premier à composer, dans la première moitié du XIV<sup>e</sup> siècle, une
oeuvre à partir d'une matière originale, l'histoire de son propre pays, sur
près d'un siècle. La Chronique d'Erik ou Erikskrönika met en scène les
luttes qui ont déchiré le royaume de Suède entre les années 1220 et
l'élection du roi Magnus Eriksson en 1319. Cette chronique rimée est
très connue dans son pays d'origine, principalement en raison de passages
d'anthologie dont le plus célèbre est la longue description de la traîtrise
du roi Birger qui invita ses frères à un banquet et qui les fit mourir de
faim. Mais elle apparaît aussi comme un document rare sur les conceptions
sociales et politiques du milieu aristocratique pour lequel elle fut
rédigée. Cette traduction a pour but de présenter et de rendre accessible
au public français, dans son intégralité, un des textes fondateurs du
Moyen Âge suédois et de mieux faire connaître ce royaume qui appartenait
pleinement à l'Occident médiéval.