Ethique et connaissance

Il ne s'agit pas dans ces pages de constituer une théorie exhaustive
de la morale, (cela existe-t-il ?), mais plus modestement de tenter de
repérer, parmi les théories anciennes (Aristote, Kant, etc.) ou plus
contemporaines (Rawls, Habermas, Jonas, Ricoeur, etc.), les éléments
essentiels permettant de constituer pour nous, aujourd'hui , une réflexion
morale sur des bases aussi rationnelles que possible. L'auteur associe
constamment morale et politique, morale privée et morale publique, et
essaie de montrer qu'aucune théorie prise isolément ne suffit à constituer
une morale réelle, du point de vue théorique, et moins encore du point
de vue pratique.
L'accent est mis sur le mode tout particulier de connaissance qui
est celui de la morale et de l'éthique. Cela exigeait qu'on examine dans
les deux premiers chapitres la notion de connaissance scientifique, qui
se confond pour une large part avec celle de matérialisme ; ainsi que
l'opposition de la conscience, notamment morale, et de la connaissance
au sens épistémologique du terme. Ces deux chapitres constituent ainsi
l'assise théorique de la réflexion qui se déploie ensuite dans les chapitres
III à V.