Dans la griffe des jauniers

On a l'habitude de parler des négriers, de
l'Afrique et des plantations de coton américaines.
Ici nous sommes en Asie, dans les
colonies de l'Indochine en pleine exploitation
des cultures d'hévéas produisant cet
or blanc, le caoutchouc qui fera la fortune
de grandes familles françaises. C'est là que
nous suivons pas à pas la vie de Thi Minh,
jeune. Tonkinoise déportée littéralement
comme du bétail humain ainsi que son mari
et son bébé de quelques mois au sud de son
pays.
Dans son langage empli de métaphores empruntées
directement au vietnamien, nous
suivons Y. Schultz sur les traces de ce destin
maudit.
«Pour recruter des coolies, c'est pas compliqué.
On les embobine avec rien, les nha qué
(paysans). De belles photos de plantations où
on voit les villas des assistants, les automobiles,
les jardins. Des coolies bien habillés aussi,
photo prise, bien sûr, le jour de la distribution
de vêtements. Ah, j'oubliais le plus important,
une photo de la paye avec une table pleine d'argent
!]...»