Peaux blanches, masques noirs : performance du blackface de Jim Crow à Michael Jackson

Peaux blanches, masques noirs : performance du blackface de Jim Crow à Michael Jackson

Peaux blanches, masques noirs : performance du blackface de Jim Crow à Michael Jackson
Éditeur: Eclat
2008381 pagesISBN 9782841621699
Format: BrochéLangue : Français

«Voici un livre qui donnera le vertige à ceux qui sont habitués

aux standards de l'histoire culturelle», écrit Jacques Rancière

dans la préface inédite accompagnant cette nouvelle édition

de Peaux blanches, masques noirs. 1820, New York, marché

Sainte-Catherine : près du port, des «nègres» dansent pour

gagner quelques anguilles. À l'origine monnaie d'échange, ces

danses deviennent une marque culturelle pour le lumpenprolétariat

bigarré fasciné par le charisme et la gestuelle des

Noirs. Fin du XX<sup>e</sup> siècle, de part et d'autre de l'Atlantique et

sur MTV : Michael Jackson et M.C. Hammer se déhanchent

avec des pas de danse et des gestes identiques aux danseurs

d'anguilles. Pourquoi ces gestes ont-ils perduré ? Quels processus

d'identification ont-ils mis en oeuvre ? À qui appartiennent-ils

? Aux Noirs qui les ont créés, ou aux Blancs qui,

une fois grimés en noir (le blackface), les ont copiés et assimilés

? Peaux blanches, masques noirs , à travers l'histoire des

ménestrels du blackface et des lieux fondateurs de la culture

américaine, explore cette longue mutation d'un lore limité

aux frontières d'un marché multi-ethnique en une véritable

culture populaire atlantique où l'échange et la reconnaissance

de gestes signent une appartenance - le lore étant, au

contraire du folklore , non pas la propriété d'un peuple, mais

une matrice de savoir, de récits et de pratiques qui est tout

entière affaire de circulation. Esclaves ou nouveaux affranchis

noirs, mariniers ou commerçants blancs, tous vivaient

dans les mêmes conditions d'une classe ouvrière luttant pour

que la culture dominante les laisse libres d'échanger les marques

de reconnaissance culturelles qu'ils partageaient. Du

sifflement de Bobolink Bob sur le marché Sainte-Catherine à

celui d'Al Jolson dans Le Chanteur de jazz , du Benito Cereno de

Melville au Minstrel Boy de Bob Dylan, des peaux d'anguilles

portées en guise de serre-tête aux dreadlocks afros, William

Lhamon offre ici une fascinante anthropologie de ces signes

culturels qui, après avoir vaincu les forces d'oppression qui

tentaient de les étouffer, font aujourd'hui partie de notre

quotidien.

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