Saint-Just : apogée d'un silence : dernier regard. Sept portraits de Nivernais sous la Révolution : quand la Nièvre était sans-culottes

«Il est dix-neuf heures trente. Deux tombereaux montent
la rue du Rocher en direction du cimetière des Errancis près de
la barrière de Monceaux. Il est tard, on jette pêle-mêle dans la
fosse les vingt-deux corps des suppliciés du jour. Parmi eux,
Louis Antoine Saint-Just, né à Decize il y a vingt-six ans. Nous
sommes le 10 Thermidor de l'An II».
Avec la mort de Saint-Just, c'est la Révolution qui vient de
dévorer l'un de ses enfants les plus prometteurs, un nivernais aux
idées nouvelles en faveur du peuple. L'un des hommes les plus
brillants de ces deux derniers siècles.
La Nièvre a elle aussi donné naissance à des hommes dont
l'action fut essentielle durant cette période, tels que Chaumette,
de Nevers, et Lefiot, de Lormes. Elle fut le théâtre tragique du
passage de Joseph Fouché et fut le témoin de la vie fantastique
de femmes et d'hommes inconnus ou presque à ce jour ; révolutionnaires,
monarchistes, militaires au grand coeur, aventuriers.
Ils périront tragiquement à Paris après avoir été jugés
sommairement par un tribunal qui n'avait plus de révolutionnaire
bien souvent que le nom. Ce sont les derniers instants de
ces hommes, que l'auteur a choisi de vous faire partager, ces
hommes qui, par leur force, leur courage, et aussi leur faiblesse,
ont contribué à l'histoire de notre République, dont la terre
nivernaise fut l'un des théâtres sanglants.