Les politiques du marché du travail face à la crise économique : vers une convergence internationale

L'évolution des inégalités, au détriment de la main-d'oeuvre non qualifiée, des
jeunes de moins de 25 ans et des mères célibataires, est certainement l'une
des tendances les plus préoccupantes des grandes économies occidentales,
qui doivent composer avec les conséquences budgétaires et financières d'une
crise économique (ou récession pour certains pays). Pour absorber la dette
publique, plusieurs pays se sont engagés dans un processus de réformes
visant à réduire les dépenses publiques. Dans ce contexte de rigueur ou
d'austérité budgétaire, il est important d'analyser et de comprendre l'effet
d'une telle situation sur le marché du travail. En d'autres termes, en pleine
crise économique, nous nous intéresserons à la thématique suivante : les pays
dont l'histoire et les usages ont façonné des marchés du travail différents et
plus ou moins flexibles (le Canada et les États-Unis appartenant à l'extrémité
la plus flexible, et la France à la plus rigide) sont-ils contraints par la crise
de faire des aménagements idéologiques et de modifier en substance leurs
conceptions des politiques de l'emploi ? Baisser le salaire minimum (comme
en Grèce, au Portugal et en Irlande) permet certes de réduire le déficit budgétaire,
mais cela se traduit également par le développement des inégalités
et par la baisse du pouvoir d'achat. Qu'il s'agisse de salaire minimum ou
d'autres outils de régulation du marché du travail, tous les pays occidentaux
font face à un dilemme ou à un arbitrage imposé par la crise. Les solutions
envisagées conduisent-elles les économies à un processus de convergence
internationale en matière de politiques publiques sur le marché du travail ?
L'objet de cet ouvrage est d'apporter des éléments de réponse.