Montserrat

Montserrat. Depuis sa création en 1948, cette pièce n'a jamais cessé
d'être jouée dans quelque partie du monde. A ce jour elle a été adaptée
en vingt-deux langues.
Dans J'abats mon jeu (1959), Aragon écrivait : «Et ce n'est pas la
guerre d'Algérie qui pourra effacer en moi l'impression profonde que
je garde de cette pièce singulière dans le théâtre contemporain et qui
est entrée sans que je m'en aperçoive dans le folklore de mes solitudes.»
Mais dès 1948, Albert Camus affirmait dans Combat : «Curieuse et
forte pièce ! Elle vient de loin, de cette terre d'Afrique où les hommes
parlent et sentent sans embarras. Elle ne doit rien à aucune école ou à
aucune mode et pourtant elle s'accorde à la terrible cruauté du temps
sans cesser de se référer à une pitié vieille comme le coeur humain.
L'âme tendue aux extrêmes y garde toute sa force. C'est pourquoi
Roblès n'a abusé personne. Ce n'est pas aux Amériques que Montserrat
se passe, mais quelque part en Mauritanie, entre les deux déserts
du sable et de la mer.»