Exotisme et connivence : autour de Jean Paulhan et Paul Pilotaz à Gilly : une journée en Savoie

Je devais avoir six ans. Assise par terre sous la galerie, attentive,
prête à l'émerveillement, je regardais Jean Paulhan jouer à la
pétanque. Il portait peut-être un manteau qui ressemblait à une
cape, faisait quelques pas très légers, et puis, comme les personnages
des dessins de Folon... je crois qu'il s'envolait.
Françoise Clément
Une rencontre africaine
«Depuis la Savoie ou depuis Les Lettres Françaises ,
les chemins de Paul Pilotaz et Jean Paulhan vont si bien
à la rencontre l'un de l'autre, leurs parcours sont si
symétriques qu'il serait sans doute inopportun de voir
en cette rencontre la moindre oeuvre du hasard !
En 1950, Paul Pilotaz reçoit le prix de la Guilde du Livre
pour La part de ciel qui, dans le langage le plus sobre
et le plus simple, décrit l'apprentissage sur le sol africain
d'une certaine fraternité. Dominique Aury, secrétaire de
La Nouvelle Revue Française dirigée par Jean Paulhan,
fait partie du jury de la Guilde et organise la rencontre
de Paulhan et Pilotaz, initiant de cette façon une amitié
durable et profonde que seule la mort de Paulhan brisera.
Les séjours de Jean Paulhan et Dominique Aury à la
Pommeraie, à Gilly sur Isère, seront fréquents et tous deux
se rendront également en Guinée à l'invitation de Paul et
Lily Pilotaz...
Ce sont les chemins de ces deux hommes si semblables
et si différents, si complémentaires, qui sont décrits et
reparcourus dans cet ouvrage, à travers les témoignages
sincères de ceux qui les ont côtoyés.» Jean-Paul Pilotaz