Un désir de beauté

La beauté est-elle, selon Kant, sans concept ? Est-elle simplement subjective ou y a-t-il,
malgré la diversité des cultures, des conceptions et des attitudes, certaines
bases communes d'appréciation de la beauté ? Elle n'apparaît pas seulement dans
l'art, mais aussi dans d'humbles objets de la vie quotidienne, dans des peintures
éphémères tracées sur les murs, la terre, le sable, dans ces choses de la nature où
l'homme trouve une résonance.
De la comparaison d'oeuvres appartenant à un grand nombre de civilisations
d'Afrique, d'Amérindie, d'Asie, d'Occident et d'Océanie, émergent quelques critères
universels : la pureté des lignes, l'harmonie des couleurs, le mouvement et le
rythme, le sentiment de l'invisible. Dans cette mesure, le subjectif rencontre l'objectif
ce qui reflète, à un niveau plus élevé, la dialectique de l'universel et du particulier.
Chaque peuple crée de la beauté, mais dans des formes et avec des
significations différentes selon ses croyances et ses pensées, son environnement,
ses matériaux et ses techniques.