Bouvard et Pécuchet : archives et interprétation

L'originalité de Bouvard et Pécuchet , roman encyclopédique
comique, tient à l'importance des archives de travail sur lesquelles
se fonde la fiction, et qu'elle met en scène. Cette oeuvre inachevée
ne prend sa signification que par l'ensemble que constituent le
parcours encyclopédique des dix premiers chapitres du roman, et
le «second volume» du sottisier (qui devait inclure le Dictionnaire
des idées reçues ), laissé en chantier à la mort de Flaubert.
La nouveauté de ce recueil tient à la transversalité des regards
portés sur les archives et la création littéraire : conservateurs de
la Bibliothèque nationale de France et des Archives nationales,
spécialistes internationaux de la critique et de la génétique
flaubertiennes, philosophes et historiens des sciences, écrivains
pour qui l'oeuvre Bouvard et Pécuchet importe à leur activité
de création. Elle tient aussi précisément à la part que prend la
création littéraire dans le volume sous la forme de textes inédits
de Jacques Jouet et de Pierre Senges.
L'ouvrage s'organise en quatre chapitres. Mémoires de l'archive
réunit des contributions sur les archives flaubertiennes, sur
l'apport de l'édition numérique, et plus largement sur les rapports
spécifiques de Flaubert et de Michelet aux archives. Les chapitres
suivants ( Écriture des savoirs et Bouvard et Pécuchet et les
sciences ) portent sur la genèse et sur la logique de la prose, et
s'attachent à la spécificité du regard de la littérature sur la science,
à une époque où les deux cultures se séparent. Le dernier chapitre,
Lire, écrire, jouer Bouvard et Pécuchet , s'intéresse à la résonance
de Bouvard et Pécuchet dans la création contemporaine, aux
potentialités de la fiction érudite et de ses personnages, à la fois
burlesques, joueurs et profondément mélancoliques, figures du
ressassement et de l'échec.