La sanction prononcée par les parties au contrat : étude sur la justice privée dans les rapports contractuels de droit privé

Contrairement à de nombreux droits étrangers, la sanction
contractuelle est traditionnellement conçue comme un domaine
réservé au juge en droit français. Pourtant, de plus en plus, les
parties se voient reconnaître une compétence pour prononcer
elles-mêmes la sanction, ce qui en pratique recouvre deux
hypothèses : la sanction unilatérale et la sanction amiable. Or, s'il
est admis que le juge ne saurait être totalement évincé, la nature
et l'étendue du rôle qui lui est ainsi dévolu en présence d'actes de
justice privée restaient cependant à préciser. L'enjeu est celui de
la construction d'un régime cohérent pour encadrer la sanction
prononcée par les parties contractantes.
Dans cette quête, il est apparu que la clé de ce régime se trouve,
davantage que dans les seuls mécanismes typiques du contrôle
d'une prérogative tel l'abus de droit, dans la sollicitation de la
qualification d'acte juridique. Souvent identifiée, la présence
d'un acte juridique concrétisant l'exercice d'une prérogative de
sanction est cependant très souvent éclipsée par la considération
de cette prérogative. L'auteur s'attache ici à démontrer que le
recours à la qualification d'acte juridique pour construire le
régime de la sanction prononcée par les parties au contrat est
riche de potentialités qui, pour n'être pas insoupçonnées, ne
sont pas suffisamment exploitées. L'acte juridique se présente
en effet comme une méthode éprouvée - bien que trop peu
sollicitée - permettant non seulement d'améliorer le régime
des manifestations d'ores et déjà consacrées en droit positif,
mais aussi de fournir un cadre rationnel pour en accueillir de
nouvelles.