Rescapés ordinaires

Là, vous vous affolez. Vos yeux
pivotent dans tous les sens.
Ils cherchent. Fouillent. L'angoisse
monte. Trouver. Vite. Ils s'arrêtent sur
la fenêtre. Non. Sur les piles de dossiers
bien ordonnées. Non. Sur le tableau derrière le docteur.
C'est une calligraphie japonaise. Oui. Non. Vite. Tout
à coup, vous voyez une fissure dans le mur. Une fissure
très fine, qui part du plafond et s'arrête à mi-hauteur.
Le tableau. La fissure. Le tableau. Vous optez pour la
fissure.
C'est un bon choix. C'est une fissure accueillante. Vous
vous détendez...
Devant une réalité trop brutale, le cerveau
élabore des stratégies de fuite dont la variété et l'ironie
ne laissent pas de surprendre. Henri, Rosalie, l'homme
à la valise et les autres tentent ici d'appréhender par
l'humour, la fantaisie, la diversion ou le déni, un
univers qui ne cesse de leur glisser entre les doigts.
Ils souffrent parfois de l'absence de l'autre, mais plus
encore de leurs propres fugues.