Nobles et éleveurs en Espagne à la fin du Moyen Age

Cet ouvrage rassemble la majeure partie des articles de l'auteur, parus pour la plupart
dans des revues étrangères. Tous concernent les deux directions essentielles
de ses recherches : les nobles et les éleveurs en Espagne au Moyen Âge. Un tel
regroupement autour de deux thèmes fédérateurs présente, outre une indéniable commodité,
la possibilité de situer les travaux les uns par rapport aux autres. Certains, en effet,
ont précédé la rédaction d'ouvrages d'érudition ou de synthèse, d'autres ont apporté un
complément. Enfin, ce recueil permet d'établir une corrélation, voulue et poursuivie par
Marie-Claude Gerbet, entre deux domaines de recherche indéniablement liés.
Elle a consacré ses premières recherches à la noblesse : sa définition, son mode d'accès,
l'ampleur et les modalités de son renouvellement, son poids démographique et son inégale
répartition dans le royaume de Castille. Puis le moment vint de rassembler les résultats
dans un ouvrage de synthèse, comparatif, sans prétention à l'érudition, mais destiné à
mettre en lumière les traits communs, tout comme les différences entre les noblesses des
couronnes de Castille, d'Aragon et de Navarre, pendant tout le moyen et le bas Moyen Âge.
L'élevage l'avait vivement intéressée dès le début de ses travaux sur l'Estrémadure, grande
région de pâturages d'hiver accueillant les troupeaux pratiquant la transhumance inverse
(d'hiver). Les nobles possédaient d'immenses pâturages extensifs qu'ils baillaient à ferme,
guère intéressés par la pratique de l'élevage direct. Il lui restait à tenter de faire une synthèse
beaucoup plus vaste, comprenant la péninsule Ibérique dans son intégralité, et retraçant
à grands traits toute l'histoire de l'élevage hispanique médiéval, tant nobiliaire, monastique
que des catégories moins favorisées.
Enfin, il lui sembla éclairant de rapprocher ses deux thèmes de prédilection dans un
article de synthèse intitulé «Noblesse et élevage dans le royaume de Castille», qui
confirma les conclusions précédentes sur leurs liens intrinsèques et originaux. Les nobles,
qui s'enrichirer, tellement dans l'élevage au cours de la Reconquête, participèrent activement
à la transhumance lorsqu'elle se mit en place grâce aux privilèges royaux, se
détournèrent par la suite, pour la majeure partie d'entre eux, de l'exploitation directe,
préférant accroître sans cesse leurs pâturages pour les bailler à ferme et en tirer un revenu
considérable et sans souci.