Spinoza : union et désunion

Nulle chose, en effet, considérée dans sa nature, ne sera dite
parfaite ou imparfaite, surtout quand nous saurons que tout ce
qui arrive se produit selon un ordre éternel et selon les lois
déterminées de la Nature. Mais comme l'humaine faiblesse
n'accède pas à la pensée de cet ordre et que l'homme, dans cet
état, se représente une nature humaine beaucoup plus forte que la
sienne, sans rien voir dans le même temps qui l'empêcherait
d'acquérir une telle nature, il est incité à rechercher les moyens
susceptibles de le conduire à une telle perfection. Tout ce qui peut
être moyen d'y parvenir est appelé un vrai bien ; et le bien
suprême est de parvenir à jouir d'une telle nature, avec d'autres
individus, s'il se peut. Ce qu'est cette nature, nous le montrerons
en son lieu : c'est la connaissance de l'union qu'a l'esprit avec la
Nature tout entière.