Psychanalyse, n° 13

Le père et ses noms
Que devient le père ? Dans les formules de la sexuation
de Lacan, désormais célèbres au point de pouvoir bientôt
figurer dans tel ou tel manuel scolaire, le père n'y
est plus, remplacé par x. Reste ce qui était sa fonction :
présentifier l'exception qui fonde l'ensemble de tous,
hommes et femmes, en tant que commandés par la
fonction phallique (pour résumer, le fait d'être astreints
au bla-bla). Plus subtil encore, cet x répondait, dans les
élaborations antérieures, au nom de père réel, à ne pas
confondre avec le père «primitif» qui, à la différence
du «réel», est censé jouir. Cet x n'est pas pour autant
inconnu, en ceci qu'il fait l'objet d'une proposition de
Lacan. Dans «L'étourdit» en effet, cet x «énonce l'existence
d'un sujet à la poser d'un dire que non» à la fonction
phallique. Ainsi le sujet ne serait sujet qu'à se refuser
à la loi d'airain du langage qui ne le signifierait
qu'en le zappant. Autrement dit, c'est à postuler originairement
à cette fonction d'agent de la castration (dire
que non) que votre fille (ou fils) ne serait pas muette.
Ça donne au père d'autres galons que ceux de l'antidéclin.
À suivre...