Les inventeurs du bon usage : (1529-1647)

En 1529, Geoffroy Tory invite les grammairiens à lutter
contre les «corrompeurs» de la langue française. Cent vingt ans
plus tard, Vaugelas présente la cour comme l'unique école du
bon usage et le courtisan comme l'oracle de la pureté linguistique.
Entre ces deux dates s'est constitué un nouveau champ de
réflexion qui a pour objet la langue vulgaire et d'où sont sortis
des grammaires, des dictionnaires, des traités de rhétorique et,
bien sûr, de nombreux commentaires sur le «bon langage».
Ces ouvrages soulèvent la question de la langue légitime,
attribuant d'emblée l'autorité sur l'usage tantôt aux savants,
tantôt aux courtisans ou aux «doctes personnages» qui administrent
la chose publique. Une rhétorique de la légitimité du
langage se façonne à la faveur de ces discussions sur le bon
usage. Elle se poursuivra jusqu'à notre époque. Cette étude fait
l'archéologie de nos pratiques langagières et des discours qui les
accompagnent.