Dialogue sur la nature du transfert

Le transfert, pour le profane, c'est quoi? C'est généralement le fait que le patient assimile (par «mésalliance») son père, sa mère à la personne de l'analyste, revit l'amour ou le non amour qu'il a reçu de ses parents ou leur a donné. Comme toute idée reçue, cette idée n'est pas fausse. D'ailleurs bien des analystes la reprennent à leur compte. Mais elle cache ce qu'il y a d'étrange et d'étranger dans le transfert, sa «folie», en analyse.
Une autre idée reçue cache la folie de la théorie: la psychanalyse serait - le débat n'est pas nouveau - soit une science, soit un art. Or le transfert fait de la psychanalyse une catégorie anormale du savoir, crée un authentique paradigme à part dans le champ de la connaissance.
Dans la cure, deux personnes se parlent: cela ouvre à tout autre chose qu'à un dialogue. Et si, dans la théorie, le transfert avait la même vertu, paradoxale, de mettre non seulement le savoir mais l'échange en situation irrégulière?