La matière des choses : le livre IV des Météorologiques d'Aristote et son interprétation par Olympiodore : avec le texte grec révisé et une traduction inédite de son Commentaire au Livre IV

Le livre IV des Météorologiques d'Aristote est un traité unique
en son genre. Désigné comme le premier traité de «chimie»
de l'Antiquité, il constitue l'un des textes-clé de la théorie
aristotélicienne de la matière. Souvent considéré comme
déplacé dans le corpus aristotélicien et parfois soupçonné
d'inauthenticité, ce texte fut l'objet d'une importante et riche
tradition exégétique qui traversa l'époque grecque, le monde
arabe, le Moyen Âge latin et la Renaissance.
Le commentateur néoplatonicien Olympiodore (VI<sup>e</sup> siècle)
joue un rôle capital dans cette tradition. Il contribue de
manière décisive à systématiser certaines notions à peine
ébauchées par Aristote dans un nouveau champ d'enquête
sur les propriétés, les états et les transformations de la
matière sublunaire. Son commentaire sera le plus utilisé, non
seulement par les auteurs arabes et ceux de la Renaissance
mais aussi par les alchimistes grecs et médiévaux, au point
que l'un des principaux textes théoriques de l'alchimie
gréco-alexandrine sera transmis sous son nom.
Les notions aristotéliciennes de matière, de cause matérielle
et de principe passif constituent le coeur de cette enquête qui
peut se résumer en deux questions principales : quel est
l'objet du livre IV des Météorologiques , quels sont ses
propriétés et ses enjeux ? Comment Olympiodore aborde-t-il
cette question, quel est son apport à notre compréhension ?
On trouvera en annexe dans ce volume le texte grec révisé
et la première traduction en langue moderne du Commentaire
d'Olympiodore au livre IV des Météorologiques et à la partie
finale du livre III, consacrée à la minéralogie.